église Sainte-Brigide

Notre histoire

La fondation de la paroisse de Sainte-Brigide, en 1846, a précédé la création de la municipalité du même nom (1854). L’avènement d’une paroisse est un événement capital dans l’histoire d’un coin du pays encore en état de colonisation.

L'année 1830 vit venir un premier prêtre à Sainte-Brigide; ce prêtre dont le nom n’est pas connu était francophone, mais parlait anglais et est venu quelquefois célébrer la messe dans l’auberge de Patrick Murray.

Ce fut dans l’auberge Murray que les censitaires se réunissaient, parfois avec le voyer, pour discuter du tracé d’une route, de la construction d’un pont, de l’aménagement des cours d’eau, etc., et parfois un prêtre, venu de Sainte-Marie-de-Monnoir ou de Saint-Grégoire, y célébrait la messe, recevait la confession d’un repentant, et peut-être baptisait un nouveau-né. Il inscrivait la naissance dans le registre des Baptêmes, mariages et sépultures qu’il apportait et le rapportait à la paroisse mère.

En 1840, les habitants de la Rivière du Sud-Ouest, à l’initiative des Irlandais catholiques de la place, décidaient d’adresser une requête à l’évêque de Montréal pour lui demander de créer une paroisse et de leur permettre de construire une église ; quarante Irlandais et soixante Canadiens français ont signé la pétition.

La première chapelle bâtie en 1842 fut donc une initiative des catholiques de ce coin en voie de colonisation. Ce fut le député de l'évêque, J.-E. Morisset, qui fixa l’emplacement de la chapelle, indiqua ses dimensions, en y plantant une croix, en plus de déterminer la nature de son revêtement, en pierre ou en brique. En fait, elle fut construite en bois. Elle fut érigée sur l’emplacement du presbytère actuel ou presque. Le 4 mars suivant, l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, approuva le rapport de son député, et créa une nouvelle paroisse en lui donnant pour patronne sainte Brigide, sainte irlandaise, dont la fête se célèbre le 1er février. L’étage de la chapelle servait de lieu de culte tandis que le rez-de-chaussée était un presbytère. Cette chapelle fut déplacée sur le lot qu’a occupé l’ancien hôtel de ville servant de salle publique et de demeure pour le bedeau. Finalement, elle fut vendue à un particulier et déménagée sur le 8e Rang. On procéda à la bénédiction de la chapelle le 24 juin 1843.

Ce ne fut que le 8 mars 1843 que l'on vit les premières inscriptions dans le registre des Actes de baptêmes, mariages et sépultures. Il y eut trois cimetières à Sainte-Brigide; le premier était où est l’église actuelle, le deuxième en l’emplacement de l’école Notre-Dame-du-Sourire et le troisième là où il est présentement.

Le 9 novembre 1844, cent quatre résidants signèrent une pétition demandant un curé permanent. Sans succès. Dans une nouvelle pétition, datée du 14 avril 1845, les résidents, au nombre de quatre-vingt-dix-huit, sont revenus à la charge en demandant un curé résidant. Cette fois, il semblerait que tous les espoirs étaient permis. En effet, le 23 mars 1846, Mgr Ignace Bourget donna son décret d’érection canonique de la nouvelle paroisse de Sainte-Brigide.

En 1856, la paroisse de Sainte-Brigide existait depuis quatorze ans, la population catholique s'était accrue considérablement et le défrichement des terres continuait, la petite chapelle bâtie en 1842 était donc devenue trop exiguë pour contenir la foule qui s’y rendait pour les cérémonies du culte. Les résidents sentaient vivement le pressant besoin d'avoir une église et une sacristie nouvelles.

La permission de construire une église fut finalement accordée par l’Ordinaire du diocèse. Toutefois, cette construction fut retardée par un désaccord entre un groupe de paroissiens qui voulaient une église en pierre et un autre qui la voulaient en brique. Il a fallu l’intervention du Messire Provençal, curé de Sainte-Césaire, pour réconcilier les points de vue; les défenseurs de l’église en pierre l’emportèrent.

Le lundi 26 septembre 1864 fut bénie solennellement l'église de la paroisse par Mgr Joseph Larocque.

L'église et son maître-autel furent solennellement consacrés le 28 septembre 1880, par Mgr Moreau, en présence de vingt-cinq prêtres et d'un grand nombre de fidèles de la paroisse. Pour l'occasion, on déposa, dans le maître-autel, les reliques de saint Zénon et de saint Prosper.

L’église de pierre demeure encore le symbole d’un passé où la religion catholique a inspiré plusieurs générations de Brigidiens et fit de la paroisse ce qu’elle est aujourd’hui.

Luc Lewis

Société du patrimoine de Sainte-Brigide

Ce document a été écrit sur demande de la fabrique de Sainte-Brigide aux fins d’être intégré dans le site Internet de la paroisse.

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13 avril 2017.

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